collage
Retour à la page d'accueil

Interventions au Conseil national
2010 
Lettres de la Gauche Co
Communiqués
Interventions au CN
Approches Marxistes
Archives
Liens
Social
Formation
Histoire
Contributions
International
News
Nous contacter
Conseil national des 27 et 28 mars 2010

Intervention de Jean Jacques KARMAN

Trois constatations sur les élections régionales :
1. une abstention populaire record, avec par exemple en Seine-Saint-Denis des 72 % à Stains ou 71 % à Bobigny et Villetaneuse, des villes à direction communiste ;
2. le vote PS est plus un vote utile contre Sarkozy qu’un vote d’adhésion, surtout que ce vote sur la France est en relatif recul ;
3. le vote Europe Ecologie et celui du Front de Gauche sont les seuls à être en augmentation sur la France, comme l’a souligné la presse.
Europe Ecologie se greffe sur des problèmes nouveaux et réels qui produisent un effet de mode, mais sur le fond, c’est un vote social-démocrate d’aménagement de la société avec un certain « capitalisme vert ». Ce vote prend la place dans l’échiquier national de celui du MODEM. C’est une impasse.
En ce qui concerne le Front de Gauche, les résultats sont discutables et contradictoires, puisque nous perdons entre 75 et 83 conseillers régionaux PCF selon les prises en compte. Cette stratégie est-elle validée par ces élections ? Dans le Puy-de-Dôme où nous réalisons 20 %, le " oui " sera certainement souvent la réponse. Mais en RP où nous perdons en pourcentage et en sièges avec 6,55 %, la réponse ira du " oui peut-être " au " non ". Les résultats des alliances avec le NPA dans le Languedoc-Roussillon et dans Limousin avec les 19 % au 2ème tour doivent aussi nous faire réfléchir. Si le NPA subit un échec au plan national, dans des villes ouvrières comme Aubervilliers et Saint-Denis par exemple, il progresse par rapport à 2004 en frôlant les 10 %.
La « ligne » communiste lors de ces élections a été multiple. J’en ai compté au moins 8 différentes. De ceux ralliés dès le premier tour au PS à ceux qui étaient avec le NPA contre la décision de leur conférence régionale, en passant par des « Fronts de Gauche de classe » et des « Fronts de Gauche antilibéraux », certains tenant tête à la social-démocratie et d’autres étant prêts à se coucher, notre parti est devenu, avec l’aval de sa direction nationale, une vraie « auberge espagnole ». Par contre, je me prononce contre toute exclusion1.
Après ces élections, où en sommes-nous ? La crise générale du capitalisme mondialisé est bien la réalité incontournable qui pose en termes très clairs la question du renversement du capitalisme à partir d’un pays ou d’un groupe de pays (le fameux maillon faible de la chaine impérialiste).
La France est dans cette situation. Rappelons-nous que pour réussir le changement de société, il faut pour les communistes :
1. un Parti influent et conscient des conditions marxistes de ce changement de société ;
2. une démarche de rassemblement du type « Front unique du 21ème siècle » qui peut prendre la forme de Fronts de gauches anticapitalistes, à condition que le PCF ne passe pas sous la table, ne se fonde pas dans le Front de gauche.
L’un sans l’autre, c’est l’échec assuré (le « solo funèbre », disait Marx). Par exemple l’influence « dirigeante » du Parti ne se décrète pas, mais se conquiert, c’est une question qualitative. Dans les luttes sociales, nous pouvons y arriver, mais pour les présidentielles qui s’annoncent, nous avons un très gros problème.
Le savoir faire de Mélenchon, qui joue parfaitement son rôle, l’attitude des médias bourgeois qui le favorise et les déclarations de certains sur un « candidat du Front de Gauche » pour les présidentielles nous mettent déjà dans une contradiction très difficile.
Tout communiste conscient des conditions du changement réel et au courant des enseignements de toutes les présidentielles depuis 1965, en particulier celle de 1974, sait que la présence d’un candidat communiste devrait être incontournable. En 1974, on a cédé pour élargir le mouvement du « Programme commun ». En réalité, on a mis l’aile réformiste en position dominante et on a vu la suite.
Plus nous attendrons, plus le problème grossira. Si nous restons dans le vague comme actuellement, nous risquons une condamnation à l’image de celle du NPA aux régionales, ou encore une reproduction de la rupture des comités antilibéraux et du score désastreux qui a suivi. Par contre, si nous cédons sur le candidat communiste, les conditions du changement, à plus ou moins long terme, ne seront pas réunies et la déviation opportuniste (historique) du processus unitaire sera possible comme en 1981 et 1997.
Il y a urgence à ne pas s’insérer dans des processus présidentiels avant le congrès de juin. Et en juin, il faut annoncer qu’il y aura un candidat communiste. Certaines déclarations sont déjà contre-productives. Notre candidature doit venir « chapeauter » un vrai programme de rupture avec le capitalisme. Aujourd’hui, les analyses de Marx sur la crise du capitalisme et sur la nécessité de son remplacement n’ont jamais été autant d’actualité. Proposer, avec toute la gauche, un programme antilibéral plus ou moins avancé, même teinté de vert, ce serait reproduire dans les conditions d’aujourd’hui la « gauche plurielle » de 1997 qui nous a fait tant de mal. Il y a un niveau de programme nécessaire. Il faut un programme de transition pour une socialisation globale de la société ! Nous devons être à la hauteur du mécontentement et de l’exigence historique.
Pour terminer, une information : Claude Bartolone propose dans son budget, en fonction de l’attitude de l'État, de réduire le fonctionnement du Conseil général de Seine-Saint-Denis de 35 M€ en faisant des coupes dans l’insertion, la culture, le sport, en réduisant le FSL, en supprimant les ordinateurs et les réductions sur les transports pour les jeunes, en ne remplaçant pas 250 départs en retraite et en licencient 150 contractuels... Voilà la social-démocratie à l’œuvre. Voilà le niveau des programmes des dirigeants du PS. S’aligner sur cette orientation, ce serait une vraie trahison.

* * * * *

1 Une controverse a éclaté dans le CN suite à une demande d’exclusion de Jean-Claude Gayssot. Ma position est la suivante : je suis contre toute exclusion. Y compris contre Gayssot dont je condamne politiquement le positionnement. Mais il n’est pas un complice de l’extrême droite comme je l’ai entendu au CN suite à une escalade verbale de plusieurs camarades de sa région qui demandaient son exclusion par décision du CN. Marie-George Buffet dit que les statuts ne le permettent pas. Pour moi, même si les statuts le permettaient, il faut arrêter avec les exclusions. D’autres, dans d’autres régions ne sont pas exclus, mais mis hors du parti par arrêt du prélèvement de la cotisation, parce qu’ils ont refusé l’alliance dès le premier tour avec le PS. C’est le débat, voire l’affrontement politique, qui est la solution et non l’exclusion. Après chacun prend ses responsabilités. Cette partie de la discussion du CN me rappela mon exclusion en 2002.


Intervention de Marie-Christine BURRICAND

J’ai eu un doute ce matin en écoutant le rapport de Pierre Laurent : s’adressait-il à nous comme dirigeants du PCF ou comme cheville ouvrière du Front de gauche ? L’horizon du PCF ne peut se réduire à une alliance électorale.
Le rapport fait l’impasse sur deux questions essentielles : la reconstruction de l’organisation communiste particulièrement à l’entreprise et dans les quartiers populaires, et le contenu communiste de la transformation sociale.
Il est très largement insuffisant sur les combats de classe à mener.
-La bataille des retraites se gagne d’ici l’été.
-Presque rien sur la réforme des collectivités territoriales qui est un véritable coup d’État contre la république et la nation ! Exigeons un référendum sur ces questions qui rejoignent les préoccupations du Non de 2005.
L’abstention est sous-estimée. Elle relativise fortement tous les résultats et la comparaison de Pierre Laurent avec les législatives de 2008 est indécente car il y a l’abstention en plus et l’élan en moins !
Posons nous la question : à quoi a servi finalement le Front de gauche ? La direction nous avait promis le renforcement de la gauche de combat. Le poids d’Europe Écologie, la baisse de notre nombre d’élus démentent que cet objectif soit atteint.
L’émancipation du Ps devait être au rendez-vous. Au second tour, à l’exception du Nord/Pas-de-Calais et du Limousin, nous avons couru aux exécutifs sans exigence vis à vis du PS. Nous sommes loin des effets d’annonce du début de campagne et allons encore fabriquer des déçus.
Par contre, le Front de gauche a bien servi à diluer le PCF: la moitié des élus perdus dans les régions et la quasi disparition des groupes communistes, une moindre visibilité.
Les meilleurs résultats sont obtenus dans des régions où des responsables communistes populaires conduisaient les listes, où le rassemblement a dépassé le cadre étriqué des états-majors pour s’ancrer dans les luttes et le monde populaire, avec des femmes et des hommes capables de rassembler la famille communiste, loin du prêt à penser de Fabien.
La direction nous propose un congrès ficelé, petits bras, à la va vite. En l’état, la proposition est inacceptable et antidémocratique.

Enfin, la candidature communiste à la présidentielle est essentielle et doit se construire de loin sur le fond et la forme pour rassembler.
Intervention de Pasquale NOIZET

J’ai milité dans le cadre du Front de gauche, non que je place le Front de gauche sur un piédestal mais parce que c’était une occasion au premier tour de ne pas partir avec un PS qui s’est « droitisé », même s’il a « gauchisé » son discours pour ces élections, mais l’occasion au contraire de porter des propositions communistes et d’apparaitre en tant que telle.
J’entends bien la volonté de voir la gauche s’élargir mais je mets en garde les camarades de ce conseil national : qu’ils veillent à garder l’équilibre entre militer dans le Front de gauche - j’ai entendu « faire vivre le Front de gauche » - et faire vivre et renforcer notre parti , qui se vide de ses militants et pas seulement récemment mais depuis plusieurs années.
Le Parti communiste donne encore une image trop floue à ses électeurs potentiels et il a du mal à être en phrase avec la demande du peuple, composé majoritairement de citoyens qui ne se retrouvent pas dans l’offre politique. Ce constat se fait au vu des abstentions importantes et de la place que continue à garder le Front national. Cela doit constituer une véritable question qui doit être débattue au sein de notre conseil national et de notre congrès. Comment comptons-nous agir sur cette question fondamentale ?

Transformation du parti
On en parle depuis le dernier congrès. Une commission de transformation a été créée. Qu’en est-il sorti ? Il parait qu’elle ne se serait réunie que deux fois. J’aimerais que l’on soit plus clair sur la question de la transformation du parti. Le conseil national n’est-il pas le lieu où doit être discutée la transformation du parti ? Un an est passé mais rien sur ce sujet de la part des membres de cette commission n’a été proposé aux membres de ce conseil. Dans la transformation du parti, j’aimerais que soit discutée la forme d’organisation du parti et notamment du conseil national, ainsi que la manière dont sont nommés les camarades dans les commissions et comment est organisé leur fonctionnement.

Sur la résolution proposée au CN
Cette résolution, je la trouve bien trop longue. Elle devrait énoncer des propositions pour construire un projet. Elle mériterait d’être élaguée pour faire ressortir les préoccupations et les actions envisagées par les membres du conseil national et mieux intégrer les propositions des camarades.

Je regrette qu’une fois encore nous ayons un document de cette importance à lire le jour même et à amender dans un temps trop limité. Une base de résolution aurait pu être envoyée à tous les membres du conseil national et après débat, aurait pu être amendée. Je ne vais pas pouvoir voter cette résolution telle qu’elle est présentée et c’est frustrant de ne pas se sentir impliquée dans ce conseil national.


Intervention de Floriane BENOIT

D'abord, rapidement en raison du temps très limité accordé pour intervenir, une interrogation : pourquoi accorder beaucoup plus d'importance à quelques notables qui décident de quitter le Parti qu'à des dizaines de milliers de militants communistes qui ces dernières années ont été laissés sur le bord de la route sans que la direction nationale s'en soucie ?

Je reviens aux sujets fondamentaux.
Il est impossible de parler de rassemblement de forces politiques à gauche, qu'il s'agisse de Front populaire, de Front de gauche ou de "Front social et intellectuel" comme présenté dans le rapport, sans aborder la question décisive : celle du rôle politique et du poids idéologique du Parti communiste.
L'histoire et l'expérience ont démontré sans ambigüité que c'est de la capacité d'organisation des communistes et de la force de l'influence de leurs idées qu'a toujours dépendu l'importance ou l'insignifiance des avancées sociales et politiques obtenues.
On entend dire ici et là, et y compris au Conseil national, que le recul du PCF -irréversible selon ceux qui campent sur la défensive et la résignation- justifierait un amoindrissement des exigences de rupture avec le capitalisme et une réduction des ambitions de changement de société.
C'est prendre le problème à l'envers.
Rappeler la nécessité de cet outil indispensable qu'est le Parti communiste dans un affrontement de classe qui s'exacerbe ne relève aucunement, comme j'ai entendu une intervenante le dire, d'un quelconque "enfermement".
C'est au contraire un gage de la richesse et de l'efficacité du débat et du combat idéologiques et politiques. C'est dans ce cadre que se pose la question de la redynamisation du Parti, qui passe par la réaffirmation de notre identité révolutionnaire et par un réel fonctionnement démocratique.
Le rapport a affirmé que, je cite : "la nouvelle étape doit être construite avec TOUS (souligné par moi) les communistes. Le débat nécessaire fera notre unité et donc notre force".
Comment peut-on envisager raisonnablement de permettre un débat approfondi impliquant la participation d'un maximum d'adhérents en ne laissant que quelques semaines pour préparer un congrès qui contrairement à ce qui est affirmé, ne portera pas sur des questions relevant "d'un mandat limité" ?
Car, par delà le changement de secrétaire national, c'est bien d'enjeux essentiels qu'il va être question, des enjeux qui nécessitent le temps d'une réflexion sérieuse et d'une vraie confrontation : l'évaluation partagée des acquis et des limites de nos orientations stratégiques ; la définition des axes de la transformation du Parti ; la réflexion sur les échéances électorales à venir (cantonales, présidentielle, législatives...).
Fixer dans l'urgence les dates du congrès aux 18, 19 et 20 juin n'est sûrement pas le meilleur moyen de mobiliser les militants pour les batailles à venir, alors que ne cesse de grandir et de se manifester leur exigence d'un réel fonctionnement démocratique assurant la participation active et constructive de chacun d'entre eux, dans la diversité et le respect mutuel.
A moins que, contrairement aux affirmations officielles, on nous demande de nous résigner à ce qu'une grande partie des communistes soit exclue de la préparation d'un congrès mené au pas de charge.


Intervention de Paul BARBAZANGE

Au cœur de nos débats, la souveraineté des communistes, l’utilité et l’avenir du PCF.
Ce matin, une camarade l’a déjà souligné, le rapport d’introduction de Pierre Laurent donnait l’impression de s’adresser à des dirigeants du Front de gauche. J’ai cherché vainement une aide à ma réflexion de dirigeant national du PCF par la prise en compte des contradictions au-delà de la diversité. Ici, nous sommes des dirigeants du PCF, pour beaucoup attachés à notre parti. A ce titre, nous avons écrit à quelques uns une proposition d’analyse de la situation radicalement différente. Les signataires en ont demandé la publication dans « L’Huma » au titre de l’information, de l’échange et de la prise en compte des diversités d’approches. Nous verrons ce qu’il advient de cette demande.
Deux points de divergence ont été soulignés depuis ce matin : la façon d’analyser l’abstention populaire, 70 % des ouvriers, employés… Excusez du peu ! Et surtout le moyen d’y remédier par une réponse communiste, moderne, simple, radicale, en un mot compréhensible par les exploités. Les faits nous forcent à adopter. Ce doit être une clarification politique nette.
Quelques mots sur mon expérience en Languedoc-Roussillon, surtout sans chercher à relancer un échange qui a déjà occupé trop de temps dans nos travaux sur le devenir d’ex-camarades qui ont favorisé l’élection du populiste Frêche. Regardons plutôt ce que nous disent la masse des communistes actifs, ceux qui ont constitué et de loin l’essentiel des participants aux activités (300 débats, des centaines de milliers de tracts diffusés) par la liste de Front de gauche élargie au NPA, à la Fase et quelques autres.
Deux questions ont émergé : L’accompagnement social-démocrate, social-libéral de la crise peut-il continuer, les exploités y ont-ils le moindre intérêt ? Comment faire pour que la colère des exploités puisse à nouveau s’exprimer dans un vote de classe porté par le PCF ?
Le mouvement est lancé. Gayssot et ceux qui se déclarent encore comme leur soutien « de gauche » dans le PCF peuvent tempêter et se présenter en victimes. La nouvelle construction idéologique et politique est en marche. L’espace politique laissé libre par la crise; et sa gestion impuissante par le PS, les Verts et autres sociaux-démocrates, par l’UMP et ses satellites, peut être occupé.
Ne laissons cet espace à personne. C’est aux communistes dans et par leur parti de l’occuper. Dans cette région nous en avons encore la possibilité.
Aucun communiste ne se satisferait d’un congrès bâclé. Donnons nous l’année pleine à la prise en compte de l’avis des camarades. D’ici mi-juin, c’est impossible. Ceux qui ont mené campagne ont le devoir de se reposer, puis il y a le muguet, les vacances scolaires, les week-end à rallonge… soyons matérialistes et pragmatiques ! Écoutons nos camarades, donnons-nous le temps pour que la souveraineté des communistes s’exprime dans des débats à la base partout. Donc donnons aux militants le temps nécessaire à la circulation dans tous les sens des idées. Je voterai contre un congrès « à la hussarde » en juin.


Intervention d'Alain DE POILLY

J'ai fait partie de ceux qui ont voté la poursuite du Front de gauche, parce que je pense que nous ne gagnerons pas tous seuls la bataille contre le capitalisme .Mais déjà au dernier conseil national, j'avais émis une crainte au vu des premières négociations, c'est que dans ces négociations, le Parti communiste passe sous la table.
Or, force est de constater aujourd'hui au vu des résultats, que nous sommes effectivement passés sous la table. Bien sûr, les résultats sont inégaux. Mais globalement, nous passons de 185 élus PCF en 2004 à 95 élus en 2010.
Dans le Val-de-Marne, où on a progressé légèrement en pourcentage et où le Parti communiste représente 95 % des militants et de l'électorat du Front de gauche, nous avions 4 élus PCF en 2004 et nous n'avons plus que 2 élus PCF aujourd'hui. Alors pourquoi notre parti a-t-il dans cette élection perdu environs 50 % de ses élus ?
D'abord parce le Front de gauche n'a pas créé la dynamique électorale attendue, c'est donc un échec. Mais surtout parce que dans les négociations, nous avons privilégié l'intérêt du Front de gauche sur celui du Parti communiste. Nous avons négocié avec de très petits partis qui n'existaient pas électoralement. En conséquence, nous avons accepté de partager avec eux notre propre électorat.
Il suffit pour s'en convaincre de constater que là ou le Front de gauche fait ses meilleurs scores, c'est là où le Parti communiste est le plus dynamique.
Aussi un Front de gauche qui fait perdre au Parti communiste la moitié de ses élus n'a pas d'utilité, donc n'a pas d'avenir.
Il faut donc changer la nature de ce Front de gauche en y intégrant plus d'acteurs du mouvement social et moins de dirigeants de minis partis grands consommateurs de mandats électifs. Il faut en faire un front de luttes qui s'appuie sur les mouvements populaires. Mais sur le plan électoral, il faut arrêter que ce Front de gauche soit mortifère pour le Parti communiste.
Nous allons avoir des élections cantonales l'année prochaine. Je vous rappelle que notre parti a fait un score de 8,77 % à ces élections en 2008. En 2011, allons-nous accepter de perdre la moitié de nos conseillers généraux au profit du Parti de gauche, de Gauche unitaire et des Alternatifs ? Avec les conséquences que cela entraînera automatiquement sur les élections sénatoriales et par conséquent, sur les moyens dont notre parti disposera dans l'avenir pour conduire la lutte contre le système capitaliste.
Je pense que l'usage qui a été fait du Front de gauche est contraire au vote des communistes sur la poursuite du Front de gauche. Il y a détournement d'usage, parce que nous avons permis au Front de gauche de se comporter comme une nouvelle force de gauche, comme un nouveau parti au détriment du Parti communiste.

On nous annonce un congrès pour le 18-19-20 juin. Or, compte tenu de la situation actuelle, nous ne pouvons plus éviter certains débats, sur la démocratie interne, sur l'avenir du parti, sur le communiste du 21ème siècle . Ce n'est pas en fuyant les problèmes que nous allons les résoudre, il est temps d'affronter notre réalité. Mais pour cela il faut donner aux communistes le temps nécessaire aux débats.

Intervention d'Eric JALADE

Sur le bilan des élections
Nous avons tenu dans la semaine un Conseil départemental (dans le Tarn), avec un échange approfondi sur le bilan, à la fois de la campagne et sur les résultats.
Les communistes, au-delà de leurs appréciations sur la stratégie, se sont largement mobilisés dans la campagne, avec notre tête de liste départementale, qui est aujourd’hui élue communiste à la région.
Si nous maintenons une élue dans le Tarn, au total, en Midi-Pyrénées, ce sont 4 départements qui n’auront plus de conseiller régional communiste.
Entre les deux tours, nous avons subi notamment les conséquences d’un mauvais accord avec les autres formations du Front de gauche, notamment avec le PG – accord conclu par la direction nationale de notre parti – et qui minore notre influence, avec 4 élus (au lieu de 9), 2 élus pour le PG (qui avait 2 sortants ex-PS) et un élu pour la Gauche Unitaire.
Notre objectif était de peser davantage dans les majorités pour infléchir les orientations prises à la région : avec 4 élus communistes sur 69 élus de gauche (socialistes, radicaux et Europe Écologie), nous pesons bien moins aujourd’hui qu’avant l’élection et c’est le PS qui se trouve renforcé. C’est le même phénomène ailleurs.
Le bilan au plan national est, au mieux, très mitigé.
Il n’est pas bon en nombre d’élus, puisque nous perdons environ la moitié de nos conseillers régionaux.
En termes chiffrés, les listes du Front de gauche (alliées au NPA dans 3 régions) obtiennent un peu moins de 7% ; si l’on compare avec les élections européennes, il faut ajouter alors dans ces trois régions le résultat cumulé du NPA et du Front de gauche – en faisant cette comparaison, on parvient à un résultat de 7,24 % pour les européennes. On est donc plutôt devant une stagnation que devant un progrès électoral.
Dire le contraire, c’est quand même, me semble-t-il, prendre vraiment des libertés avec la réalité.
Cela n’enlève rien aux bons résultats obtenus dans certaines régions, en particulier les 4 régions où nous dépassons les 10 % des suffrages exprimés, où, vous aurez remarqué comme moi, c’étaient des communistes (élus connus et respectés) qui conduisaient ces listes.
La donnée principale de ce scrutin, c’est un vote sanction à l’encontre du pouvoir et de la politique de Nicolas Sarkozy.
De prime abord, les principaux bénéficiaires de ce vote sanction, ce sont le Parti Socialiste (phénomène encore amplifié en Midi-Pyrénées), Europe Écologie et – plus inquiétant, le Front National.
Bien entendu, l’abstention participe fortement de ce vote sanction. La carte de l’abstention recoupe assez largement celle du Front National. Eric Dupin relevait à juste titre dans « Les Echos » que « la grève des urnes et le soutien au parti d’extrême droite ont ainsi été plus marqués dans les régions industrielles » les plus touchées par la crise. Ainsi, dans notre département, dans le sud du département et dans plusieurs secteurs industriels particulièrement touchés par la hausse du chômage (+ 17 % en un an, avec un niveau qui était déjà supérieur à la moyenne régionale et nationale). Plusieurs enquêtes indiquent que 62 % des ouvriers et des employés se sont abstenus, contre 47 % des cadres supérieurs. De même, le Front National réalise entre 19 et 22 % chez les ouvriers.
Le décrochage des couches populaires et du monde du travail – qui se sont largement abstenus - dans un contexte de crise exacerbée, où les difficultés quotidiennes s’accroissent pour de plus en plus de Français (le médiateur de la République J.P. Delevoye rappelait que 15 millions de nos compatriotes terminaient le mois avec moins de 100 €), cela doit être notre premier sujet de préoccupation.
Dans un contexte de luttes (dans de nombreux secteurs, notamment dans l'Éducation Nationale et chez les postiers, dans le Tarn ces dernières semaines), nous ne sommes pas parvenus à capitaliser de manière significative et à incarner le vote sanction contre la politique de la droite et du MEDEF.
Pour le coup, à l’aune de ce fait politique essentiel, il me semble difficile de souligner, comme le fait le rapport, que « le Front de gauche s’ancre et s’enracine », au lendemain de ce scrutin.
Toute notre action doit se tourner vers la conquête et la reconquête des milieux populaires, des salariés, en partant des préoccupations et des souffrances quotidiennes de notre peuple.
De ce point de vue, les propositions du rapport (par exemple celle de mener une bataille idéologique d’ampleur sur la question des retraites) me semblent intéressantes.
De même, nous devons être à l’offensive contre la réforme des collectivités territoriales, c’est un enjeu décisif pour la démocratie, notamment pour la défense des communes ; nous pourrions aussi impulser des luttes sur la question du logement…
Mais pour porter ces propositions et ces batailles, il y a besoin d’un parti, d’un parti de classe et de masse.

Deux mots sur le congrès et sur les transformations du parti
Beaucoup de camarades, et c’est l’avis de la quasi unanimité du CD comme le mien, pensent que tenir un congrès en quelques semaines, au lendemain d’une campagne électorale, ce n’est pas sérieux.
Sur les transformations du Parti, j’ai entendu tout à l’heure Patrice Cohen-Séat nous dire qu’il fallait impérativement avancer dans le choix de la transformation du parti, en oubliant, fortuitement, j’imagine, d’évoquer que les communistes ont très majoritairement décidé de continuer et de faire vivre le PCF.
On voit donc bien aujourd’hui que certains souhaitent utiliser le Front de gauche pour parvenir à une métamorphose (même si le mot n’est plus en vogue) du PCF.
La gravité de la crise du capitalisme, l’urgence à trouver les voies d’une alternative à la politique du capital, démontrent le besoin pour notre peuple d’un parti communiste à l’offensive, tout le contraire d’un effacement du PCF.
L’urgence aujourd’hui, c’est vraiment de travailler à rassembler les communistes dans l’action – c’est une demande des communistes et cela devrait vraiment être le rôle de la direction du parti.



Conseil national du 15 janvier 2010
Intervention de Jean-Pierre MEYER

Chères et Chers Camarades,

Je tiens ici, une fois encore, à malheureusement dénoncer le déficit de notre fonctionnement démocratique interne et à vous faire part de la colère et de l’insatisfaction de la très grande majorité des communistes varois.
A 85 %, ils ont adopté l’offre nationale relative au Front de Gauche élargi, désigné Jean-Marc COPOLA comme chef de file régional et Alain BOLLA comme tête de liste départementale.
Cette architecture ne semblait poser aucun problème, jusqu’à ces derniers jours, où le Parti de Gauche a revendiqué la tête de liste varoise. De ce moment, nous avons eu à subir toutes sortes de pressions et d’appels très discutables à la « responsabilité », jusqu’à l’intervention personnelle de Marie-George BUFFET pour nous demander de céder, renvoyant à la Conférence régionale du 12 janvier, la décision finale sur la désignation de la tête de liste du Var, qui devenait un enjeu national et la cause d’un blocage général !!!*
Le 9 janvier, alors que les communistes de notre département étaient réunis en Assemblée générale, pour traiter de ces derniers soubresauts et qu’à la quasi unanimité, ils confirmaient leur choix précédent et refusaient de céder aux injonctions qui leur étaient faites, L’Humanité, Var Matin, La Provence, dans leurs éditions du même jour, annonçaient que tout était réglé, que le Parti de Gauche aurait, entre autres, 19 têtes de listes départementales, dont le Var !
L’Histoire était donc écrite, exit le vote des communistes, le choix de la Conférence régionale devant se réunir trois jours plus tard était déjà dicté ! (acquis ?). C’est inacceptable !
Après avoir ainsi cédé au Parti de Gauche, à cette heure, comme vient de le confirmer Pierre DHARREVILLE dans le rapport introductif, le PG reste insatisfait et refuse toujours de signer l’accord électoral local, considérant ne pas avoir assez d’élus potentiels !!! Pourquoi se gêner ?!
Cette nouvelle aventure me conduit à vous livrer l’appréciation et l’état d’esprit de la très grande majorité de mes camarades du Var :
Nous n’attribuons pas cette situation à des manquements ou des erreurs. Nous pensons fermement qu’il s’agit de choix délibérés qui s’inscrivent dans une opération de recomposition politique dans le Var et dans la région.

Nos adversaires de classe n’ont jamais renoncé à vouloir tuer le PCF, cette perspective est plus que jamais à l’ordre du jour pour celles et ceux qui travaillent d’arrache-pied aux recompositions politiques pour l’alternance.
Nous ne partageons donc pas les choix qui sont faits, nous ne les cautionnons pas, nous ne prendrons pas la responsabilité des dégâts qu’ils peuvent entraîner.
On nous impose des conditions inacceptables, elles ne nous détourneront pas de notre volonté de faire du Front de Gauche élargi un outil politique de lutte, de transformation sociale et d’alternative politique et surtout pas d’en faire à terme une organisation.
Pour ce faire, nous ferons donc une campagne visible, lucide du Parti Communiste, pour faire élire, au sein du Front de Gauche, le plus possible de nos camarades du Parti Communiste Français. Toutefois, l’affaire ne saurait en rester là, jusqu’aux prochaines échéances électorales où les mêmes schémas pourront se reproduire. Il y a urgence à revoir précisément nos règles de vie, pour que la souveraineté des adhérents ne soit plus un gadget, mais bien une réalité !


Intervention de Pasquale NOIZET

Je voudrais attirer l'attention de mes camarades du conseil national sur un litige que je juge préjudiciable à l'image du Parti communiste français, mais aussi à son éthique, et allant à l'encontre de sa démocratie interne.
Il s'agit de l'expulsion obtenue devant les tribunaux par la Fédération de Paris de la section des premier et deuxième arrondissements, de son local du 62, rue Montmartre. La section est représentée par sa secrétaire Simonne Goenvic, ancienne conseillère d'arrondissement et militante respectée. Ce local a été acquis et géré depuis 39 ans par les militants de cette section qui en ont réglé tous les frais. La Fédération s'appuie sur une donation de la section à la SA Rochechouart, cession qui visait à protéger le local acquis en SCI (société civile immobilière) et non pas à en être dépossédé. La Fédération a désigné d'office un nouveau secrétaire de section. Consultée, la commission des conflits a donné tort à la Fédération et reconnu la légitimité de Simonne Goenvic en tant que secrétaire de section.
Ce litige entre communistes ne doit pas être réglé devant les tribunaux. Il faut trouver un compromis acceptable qui respecte les droits des militants de la section qui sont privés de leur local et même de leurs cartes d'adhérent.
Marie-George, tu as reçu une lettre le 2 octobre 2009 pour t'alerter sur cette situation, signée par moi et d'autres camarades du conseil départemental parisien et elle est restée sans réponse de ta part. Tu viens de recevoir une pétition signée à ce jour par trois cents communistes, dont 4 secrétaires fédéraux et 14 membres du CN. Quelle réponse donnes-tu ? Est-ce l'envoi des huissiers qui ont procédé sous la protection de la police avant-hier au changement des serrures du 62 rue Montmartre ?
Cette affaire montre un déficit de démocratie et fraternité, ces camarades auraient peut-être accepté un accord amiable si on leur avait expliqué la raison de la vente de leur local et si on leur en avait proposé un autre. De tels procédés sont incompatibles avec l'idée que je me fais du communisme.

MG Buffet a refusé de répondre sur la question concernant la situation des camarades des 1er et 2ème arrdt. Pasquale a donc interpellé une seconde fois MGB (se levant) et lui a demandé s'il lui plaisait de lui répondre et elle a dit : "Ce n'est pas le lieu". Pasquale a alors acté que le Conseil National n'était pas le lieu du débat de notre démocratie interne.


Intervention de Paul BARBAZANGE

La situation en Languedoc- Roussillon est inédite ; je ne reprendrai pas les aspects que vient de donner Martine Gayraud, secrétaire départementale du Gard, et j'insisterai sur l’apport politique possible à la réflexion nationale du processus en construction. Un accord politique a été conclu, Martine a omis dans les signataires la FASE et les Objecteurs de Croissance. Ainsi il ne manque pas grand monde à la « gauche de la gauche ». Les forces politiques décidées à construire une alternative régionale aux gestions sociales-démocrates et sociales-libérales construisent leur rassemblement. L’individu Frêche son comportement réactionnaire et souvent odieux ne doivent pas occulter le contenu des ruptures en cours. Nous disposons d’un bon protocole d’accord signé dès le 2 décembre et validé par tous le 22, son contenu anticapitaliste est point par point évident.
L’enjeu de la campagne est de faire que le maximum de communistes s’en emparent
pour convaincre. Caractériser l’exploitation capitaliste et les possibilités de rupture au plan régional. La prise en compte de l’état désastreux des forces productives, 12,5 % de chômeurs, 470 000 pauvres, les luttes… Martine a insisté sur ces aspects. Mais aussi une meilleure compréhension de l’expérience négative de l’accompagnement de la gestion de la crise à la région pendant 6 ans, nous aidera. L’apport des militants communistes sera décisif. Les militants du PG ou du NPA soit n’ont pas ces objectifs, soit n’ont pas les moyens de leur politique.
Les cinq vice-présidents communistes sortants sont absents de la liste unitaire, quatre sont contre l’avis à 87 % de leur parti sur la liste Frêche- droite- MODEM. La bande des quatre combat notre parti. Quels que soient les statuts, il faudra une expression claire de notre organisation. Si non les électeurs, après les communistes, n’y comprendront rien.
L’ambition est grande. Nous sommes en position de gagner la région par la rupture même de notre alignement sur les socio-démocrates. L’accord a été possible dans cette région par le respect scrupuleux du mandat d’élargissement du Front de Gauche donné en conférence régionale, nourri d’une ancienne pratique unitaire… souvenez-vous de la candidature Maffre de Baugé il y a 30 ans ! Mais aussi et surtout parce que la population a encore en tête la victoire du NON de gauche au référendum. Dans une configuration politique semblable, nous avions fait voter la majorité des électeurs PS contre les consignes de leur parti. L’ambition politique est aujourd’hui au même niveau. Nous pouvons gagner, l’accord avec les verts pour le second tour est dans les tuyaux.
Dire que le mouvement en cours est porteur est en dessous des réalités. Les dirigeants de nos 5 fédérations ont bien fait de retenir pour le meeting régional une salle de 4 000 places, en dépit de l’état pas très bon de l’organisation communiste.
A nous de profiter de ces deux mois d’intense campagne d’un Front de Gauche qui en réussissant son élargissement a changé de forme et fait surgir son propre dépassement.

De nombreux communistes de l’extérieur, anciens en particulier, mais aussi des jeunes, s’y retrouvent. On a fait en Biterrois quelques adhésions/ré-adhésions. Le PCF peut sortir de cette campagne électorale renforcé au plan politique ; enfin lisible et organisationnellement mieux par notre choix de rassemblement anticapitaliste et révolutionnaire.


Intervention de Jean Jacques KARMAN

Deux remarques : un, le Front de gauche. Ma deuxième remarque concerne la 5ème Internationale.

Un front de gauche n’est valable qu’à deux conditions, qu’il soit réellement anticapitaliste et que le PCF n’y soit pas neutralisé et y joue tout son rôle sur des positions de luttes des classes. Le meeting du 10 à ce sujet est rassurant, les sans-papiers, Gaza, les luttes de la classe ouvrière et des jeunes. Mais attention au Parti de gauche, surtout après la déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur son blog. Je le cite : « Si les Verts écartent le Modem, compte tenu du rapport de force électoral, ils ont vocation à mes yeux à être le centre de gravité de la recomposition générale de la gauche dont le pays a besoin. »
Dans le titre de la liste, le mot anticapitaliste serait le bien venu.
Le soir du 1er tour, l’analyse sur le PCF sera amputée de 23 % de régions où le PCF est sur les listes du PS. Que les candidatures soient traitées au niveau régional, rien de plus normal, mais que la stratégie d’alliance ne soit pas que nationale, c’est un contre-sens, une dérive de nos statuts. Ces alliances à la carte auront forcément des conséquences négatives.

Ma deuxième remarque concerne l’international. Les statuts précisent, je cite : « 1.6a. Convergences d’activités aux niveaux européen et international. Solidaires de toutes les forces qui se mobilisent sur la planète pour émanciper la mondialisation de l’hégémonie financière, pour un monde de justice, de co-développement et de paix, les communistes travaillent à la construction de convergences, d’espaces d’activités et de formes politiques inédites, à l’échelle de l’Europe comme au plan international. »
Or, lors d’une récente rencontre internationale, qui s’est tenue à Caracas, où notre parti était représenté aux côtés de 54 autres partis communistes et organisations de gauche pour le socialisme, un comité préparatoire à la constitution d’une 5ème Internationale a été proposé. Plusieurs partis ont déjà répondu présents.
Je demande que le comité national se prononce sur notre participation à ce comité préparatoire même à titre d’observateur, et qu’ensuite les conditions de formation de cette 5ème Internationale soient soumises à la décision des adhérents.


Intervention de Caroline ANDREANI

J’ai été assez surprise de la réponse donnée par Jacques Fath concernant l’initiative proposée par Hugo Chavez en avril de constituer un comité préparatoire à une « 5e Internationale ».
Personnellement, les arguments donnés ne me convainquent pas.
D’abord, ce n’est pas une initiative personnelle de Chavez : sept partis politiques de différents pays d’Amérique latine ont appelé à la réunion du 10 avril à Caracas.
Ensuite, employer l’argument selon lequel Chavez serait un populiste me choque. C’est exactement ce que l’on peut lire dans le
Figaro ou dans Libération. La question n’est pas là. Ce qu’il faut savoir, c’est si oui ou non les Vénézuéliens vivent mieux depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez (qui n’est pas seul à diriger le pays, mais qui est à la tête d’une coalition de partis progressistes). Les plus riches, je ne suis pas sûre, mais les plus pauvres, c’est certain.
Ensuite, à propos de la solidarité exprimée par Chavez à l’encontre de l’Iran. C’est une solidarité entre pays opprimés par le même oppresseur, les Etats-Unis, qui n’hésitent pas à détruire des pays à coups de tonnes de bombes : souvenons-nous de la Yougoslavie, de l’Irak (à deux reprises), de l’Afghanistan. Chavez n’est pas un imbécile mais un anti-impérialiste. Il ne confond pas un régime théocratique et la construction du socialisme au 21
e siècle. Il n’a jamais proposé que l’Iran fasse partie de la 5e Internationale.
Ensuite il y a la question de la pertinence. Personnellement, je ne donnerais pas de leçons à un régime progressiste, qui affronte directement chaque jour l’impérialisme. Regardons plutôt où nous en sommes en France, où en sont nos aspirations révolutionnaires. Je ne fais pas de l’Amérique latine un modèle, je constate que c’est en Amérique latine que ces dix dernières années s’est construit une opposition réelle à l’impérialisme grâce à Cuba et au Venezuela. Je constate aussi que l’impérialisme est organisé, efficace, mais que les progressistes, eux, ont besoin d’un outil pour réfléchir, organiser, développer la solidarité.
Enfin, participer à un comité préparatoire ne signifie pas que l’on se range derrière un homme ou une idéologie. On y va pour voir ce qui est proposé, si on peut influer ou non. A ce compte-là, nous n’aurions jamais du participer aux forums altermondialistes.
C’est pourquoi je pense que Pcf a toute sa place dans cette initiative, au moins à titre d’observateur.
Enfin, pour terminer, je souhaiterais dire ma solidarité pleine et entière vis-à-vis des camarades des 1
er et 2e injustement spoliés par la Fédération de Paris.


Intervention de Alain DE POILLY

Au dernier CN, j'ai voté pour la poursuite du Front de gauche parce que la direction de notre parti affirmait que ce front élargi ne conduirait pas à l'effacement du parti communiste, bien au contraire. En clair, le Parti communiste ne passerait pas sous la table. Or, force est de constater aujourd'hui, que le Parti communiste est en train de passer sous la table.
Sur ce thème, le collectif électoral ainsi que l'exécutif départemental du Val-de-Marne a écrit à Pierre Laurent et à Marie-George Buffet pour leur faire part de
leur sentiment sur la conduite des négociations en ces termes. Je cite : « la direction nationale semble subir les négociations plutôt que d'anticiper les différentes problématiques rencontrées, les concessions faites par notre parti sont trop importantes notamment en Ile-de-France », « Quant aux propositions d'éligibles, elle ne sont pas conformes aux réalités des rapports de forces dans une région comme la nôtre. »
Malheureusement, les concessions importantes ne se limitent pas à l'Ile-de-
France.
Nous arrivons a un constat : plus le Front de gauche s'élargit à de petites
associations et plus la place du Parti communiste dans ce front rétrécit. Encore un élargissement de ce type et notre parti sera complètement noyé dans une force aux contours mal définis
Or, il est évident que les élections régionales ne se gagneront pas sur le nombre de micro-associations composants le Front de gauche, dont les adhérents
d'ailleurs pratiquent la double appartenance, mais ces élections se gagneront sur la qualité du projet dont sera porteur le Front de gauche.
C'est pourquoi il est regrettable qu'une fois plus, la direction du parti ait privilégié les accords d'états-majors, en s'enfermant dans des tractations sur la répartition des places avec des micro-associations dont les électeurs ignorent
même l'existence et cela au détriment du projet politique et idéologique, qui seul peut mobiliser les victimes du système capitaliste et ainsi les faire sortir de l'abstentionnisme dans lequel il se sont réfugiés dans l'attente d'un projet crédible à gauche.
Ceci dit, aujourd'hui l'heure n'est pas au bilan, mais à la mobilisation pour que
les listes Front de gauche fassent le meilleur score possible, sans que pour autant dans cette campagne notre parti renonce à son identité. Cela est important pour l'avenir.