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34 congrès du Pcf Un appel de Maxime GREMETZ Se faire entendre pour que le PCF propose novembre 2008
Nous avons décidé de
ne pas présenter de base de discussion alternative dont la portée serait
dérisoire tant la préparation de notre 34ème congrès est malheureusement peu
démocratique, mais nous lançons cet appel afin d’offrir un moyen d’expression à
tous les communistes qui n’ont pas été en mesure de se faire entendre à travers
les canaux institutionnels de notre parti. Nous avons décidé de
ne pas présenter de base de discussion alternative dont la portée serait
dérisoire tant la préparation de notre 34ème congrès est malheureusement peu
démocratique, mais nous lançons cet appel afin d’offrir un moyen d’expression à
tous les communistes qui n’ont pas été en mesure de se faire entendre à travers
les canaux institutionnels de notre parti. Le capitalisme
vacille, les banques sont au bord de la faillite et partout dans le monde, face
à cette crise d’un système ayant pour seul moteur le profit et l’argent, l’Etat
est le dernier recours. Il étatise les plus grandes entreprises financières
pour prendre en charge leur dette. Il mobilise des centaines de milliards
d’euros pour redonner de l’argent aux banques et s’engage à payer à leur place
si elles sont défaillantes. Pourtant, à aucun
moment le pouvoir des dirigeants et des actionnaires de ces entreprises n’est
remis en cause par cet Etat qui vient au secours des riches avec l’argent des
pauvres. Les propriétaires de ces entreprises ne doutent pas qu’ils vont le
rester, ils estiment que leur pouvoir n’est en rien menacé et espèrent, une
fois la situation stabilisée, pouvoir à nouveau se livrer à une spéculation
sans limites. Au terme d’un
processus de socialisation des dettes privées sans précédent dans l’histoire,
les pertes des capitalistes sont donc prises en charge par la collectivité.
Dans le même temps, en France comme ailleurs, on continue à supprimer tous les
instruments de solidarité collective (comme par exemple les services publics et
même désormais la progressivité de l’impôt). Il ressort de cette
situation inédite un rapport des forces nouveau qui se manifeste par un recul
des idées libérales et la nécessité affichée de réglementer, réguler, encadrer… C’est dans ce
contexte que nous, les communistes, préparons notre 34e Congrès en situation de
grande fragilité. Nous n’avons pratiquement plus d’influence politique au
niveau national et sommes de plus en plus divisés. Ces difficultés ne sont pas
nouvelles, mais les réponses qui y sont apportées ne le sont hélas pas non
plus : on reprend la même orientation, la même direction, tout est prévu
depuis le départ et on pense que cela va permettre de relancer un parti qui ne
fait même pas 2 % à l’élection présidentielle. Pourtant, nombreux
sont ceux qui veulent que notre prochain congrès soit un processus totalement
nouveau et aboutisse à un résultat qui n’est pas connu à l’avance. Un très
grand nombre de communistes souhaite que le débat soit résolument ouvert à
toutes les idées de transformation et que tous les camarades soient impliqués
sur un pied d’égalité. C’est à la part d’inattendu, dans la préparation du
congrès et surtout dans ses résultats, que chacun pourra mesurer qu’une
transformation à la hauteur de l’enjeu est en marche. La conviction que ce
basculement est salutaire, qu’il n’est plus possible de refaire un congrès
comme nous les faisons habituellement est dans tous les esprits. Ce désir de
changement profond rassemble largement tous ceux qui considèrent que, malgré
son effondrement, le PCF demeure la structure par la transformation de laquelle
les communistes doivent reconstruire une organisation révolutionnaire
susceptible de rompre avec le capitalisme et d’instaurer un socialisme de notre
temps. Cependant, il faut
le dire, certains adhérents et responsables pensent au contraire que le PCF
doit disparaître. Il n’y a pas lieu de les stigmatiser. De nombreux partis
communistes ont disparu parce que la majorité de leurs dirigeants considérait
que la forme Parti communiste était historiquement condamnée. Ceux qui partagent
ce jugement dans notre parti militent pour que le prochain congrès se déroule
exactement comme les précédents, la disparition du PCF étant, selon eux,
inévitable. La vacuité du projet
de base commune élaboré par la direction nationale est à cet égard révélatrice.
Il même consternant de constater que certaines parties du texte traduisent un
ralliement à une certaine forme de libéralisme économique. Mais surtout, alors
que la principale cause de l’effondrement de notre parti réside dans le manque
de crédibilité de l’hypothèse communiste aujourd’hui, le texte proposé se
limite une fois de plus à dresser un inventaire des changements qu’il serait
souhaitable de voir intervenir sans jamais démontrer comment il est possible de
les imposer. Exiger « de nouveaux droits pour les salariés », certes, mais
lesquels ? Réclamer « des pouvoirs nouveaux pour une démocratie
citoyenne et participative », oui, mais lesquels ? « Changer l’Europe
en profondeur » et agir pour « un monde solidaire », oui, mais
comment ? Dans tous ces domaines, ils existent pourtant des propositions
s’attaquant au grand capital et à son pouvoir autocratique. Des communistes
sont déjà mobilisés depuis plusieurs années pour mettre en chantier un nouveau
projet s’appuyant sur des propositions crédibles et immédiatement applicables. Par exemple, en
investissant les salariés d’un droit d’opposition aux licenciements lorsque
leurs propositions permettant de maintenir l’emploi ne sont pas prises en
compte, nous apportons une réponse concrète à une exigence essentielle de la
majorité des salariés : interdire les licenciements dans les entreprises
qui font des profits. De même, en imposant dans les traités européens une
clause d’ordre public social c’est toute la construction de l’Europe qui pourrait
être réorientée. Ou encore, en réclamant que la réglementation des relations
économiques qu’imposent les grandes institutions mondiales et notamment l’OMC
se fonde sur un principe d’inégalité compensatrice on pose les bases d’une
mondialisation solidaire. En exigeant la création d’un pôle public de
financement par la nationalisation de grandes institutions bancaires nous
créons les conditions d’un affranchissement réel de l’économie de la dictature
des marchés financiers. De plus nous nous doterons ainsi d’un outil susceptible
de promouvoir concrètement l’instauration d’une gouvernance sociale des
entreprises. Ces propositions
concrètes doivent être complétées par beaucoup d’autres afin que les
communistes disposent bientôt dans tous les domaines de propositions
alternatives crédibles et immédiatement applicables. Dès lors nous serons en
mesure de démontrer et non plus de clamer qu’il est possible de changer la
société. C’est dans ce
contexte que nous pensons que notre volonté commune de créer un choc fondateur
au sein du PCF est un lien suffisant pour rassembler des communistes qui ne
portent pas toujours les mêmes propositions, ni la même stratégie et qui n’ont
pas eu dans le passé la même conception du parti. Car, en dépit de nos
différences, nous savons qu’il n’y a pas d’alternative : le prochain
congrès doit être le point de départ d’un processus de changement sans
précédent dans notre histoire, à défaut de quoi il risque d’être le dernier. Cet appel n’est pas
une base de discussion alternative mais l’expression de la conviction de
milliers de communistes qui ont la ferme intention de reconstruire un parti
communiste capable de changer la société. |
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